10ème anniversaire de l’atelier-musée Encre & Plomb
Visite de l'atelier-musée Encre & Plomb

Déjà 10 ans pour l'atelier-musée Encre & Plomb

Le 2 octobre 2009, le 10è anniversaire de la fondation de l’Atelier-Musée Encre & Plomb s’est déroulé en présence de Madame Anne-Catherine Lyon, conseillère d’Etat vaudoise, de Madame Marianne Huguenin syndique de Renens, Monsieur André Gorgerat syndic de Chavannes-près-Renens ainsi que Monsieur Jean-Louis Rochaix représentant Pro Patria qui a financé la remise en état d’équipements. Une centaine d’invités ont en outre répondu à notre invitation.

L’Atelier-Musée Encre & Plomb a été reconnu par tous les intervenants de la partie officielle et c’est avec reconnaissance que les compagnons présents ont salué la présence du fondateur Marc Zürcher. Le lendemain, une journée « Portes ouvertes » a permis à un large public de venir découvrir l’Atelier-Musée Encre & Plomb qui était en production pour la plus grande joie des visiteurs. Tous les Compagnons ont œuvré sans relâche pour expliquer et démontrer leur ancien métier.

Discours de Mme la conseillère Anne-Catherine Lyon

Mme la conseillère Anne-Catherine Lyon

Chacune et chacun d’entre nous ne serait pas là s’il n’y avait eu, par le passé, ces inventions extraordinaires et les hommes et les femmes qui ont su les faire vivre pour permettre à chacune et à chacun de nous retrouver dans le monde d’aujourd’hui, aguerris, armés pour vivre nos vies en pleine conscience.

Comme l’a dit Marianne Huguenin, à l’heure du tout électronique, du numérique, que représente l’aventure Encre & Plomb? Est-ce que c’est une simple survivance de techniques du passé?

Ou un hobby de personnes passionnées, arrivées à la retraite ? Et l’on doit bien se dire quand bien même cela a vu le jour sous l’impulsion de personnes qui arrivaient au terme de leur vie professionnelle. On doit justement reconnaître qu’il y a ici une valeur ajoutée extra-ordinaire qui dépasse le cadre de ces quelques éléments que j’évoquais ! Cela a été dit, il y a une très forte valeur ajoutée sur le plan culturel et aussi une très forte valeur ajoutée sur le plan pédagogique.

Le travail conduit par les Compagnons, c’est ainsi que vous vous nommez, sensibilise les jeunes qui viennent chez vous, comme l’a rappelé le syndic de Chavannes-près-Renens.

Les jeunes qui viennent ici sont sensibilisés bien au-delà de la seule mémoire de l’histoire de la typographie. En effet, le fait de composer, de créer sa page, procéder à son impression selon des techniques d’avant, c’est aussi penser différemment. Cela influence sur l’organisation de sa pensée et sur l’expression de cette pensée. Encre & Plomb réalise donc un travail très important pour aider les jeunes à formuler leur imagination, leur capacité à mettre des mots sur des sentiments et leurs mots sur des émotions.


Ce travail, j’en ai vu des exemples, est un outil qui permet aussi, par la possibilité de pouvoir exprimer ses émotions, de réduire par là, son impuissance. Pour des jeunes, leur impuissance à dire les choses, ou à les vivre parce l’espoir, dit le poète, est un emprunt fait au bonheur.

Discours de Robert Curtat, vice-président

photos M. Robert Curtat, vice-président

Pour les Compagnons réunis voici dix ans à l’enseigne de l’encre et du plomb l’espoir visait une forme de bonheur en marche arrière, l’évocation du bon vieux temps où ils entraient dans le métier.

Cent raisons firent changer les choses et aussi le décor de leur bonheur. Il fallut rejoindre des locaux mieux adaptés, ceux qui vous accueillent aujourd’hui, mais qui avaient le défaut d’être lourdement plus coûteux. L’équipe ignorait bien sûr qu’elle allait traverser quatre années de navigation dans le brouillard. Jusqu’au premier signal positif, surgi à l’automne 2007 et que nous envoyait le Service des affaires culturelles du canton de Vaud.

Deux années pleines et une série de soutiens publics et privés, y compris Pro Patria, ont permis de remettre à l’eau un bâtiment qui tanguait rudement. Sans ces interlocuteurs généreux, rien de ce qui nous tient debout aujourd’hui n’aurait pu exister. Ce qui nous tient debout c’est la mission léguée par nos anciens, la mémoire de leur engagement sans faille pour que se lève un peuple instruit capable de discerner les nécessaires changements de la société. Notre histoire parle de la casse du typographe et de la presse de l’imprimeur qui produisirent d’abord des livres, puis des journaux vecteurs d’un savoir idéel, partant d’une société meilleure.

Fortuite la rencontre d’une poignée de serviteurs de l’imprimerie à l’ancienne et de la formidable histoire de l’humanité, qui prend sa source dans la maison de Johannes Gutenberg à Mayence en 1455, témoigne pour l’éternelle invention des hommes. Au fil des siècles, l’espérance a anticipé d’un bonheur tout simple: celui de lire et d’écrire, de comprendre. C’est de cela que nous témoignons aujourd’hui avec gratitude en saluant ceux qui nous ont aidés à passer le gué. Premier intervenant, Alain Wenker explique l’engagement des artistes comme des amis qui ont favorisé la construction de notre presse Gutenberg.

Le représentant de Pro Patria, Jean-Louis Rochaix, commente ensuite à l’assemblée les raisons de l’engagement de sa fondation pour notre atelier-musée. Ami précieux : le syndic de Chavannes, André Gorgerat, nous dit ici quelques mots. Dans le même registre Marianne Huguenin, syndique de Renens, apporte son témoignage. Enfin Anne-Catherine Lyon, conseillère d’Etat, nous livre son message qui nous invite à dépasser les limites du présent. Cette gerbe de propos témoigne pour notre avenir. Et elle ouvre le moment heureux où chacun peut lever son verre à la santé de ses hôtes qui garderont au fond de leur mémoire, le bonheur secret de cet instant.

De tous les aphorismes, j’emploie à dessein celui qui nous réunit en une guirlande joyeuse: santé!

Discours de M. Jean-Louis Rochaix, de Pro Patria

Nous avons été contactés par M. Philippe Vioget, à l’époque, qui nous a suggéré de participer à soutenir Encre & Plomb. En particulier, nous avons pu subventionner la restauration d’un cousoir automatique, ou machine à coudre automatique de très grande précision. J’ai été impressionné tout à l’heure de la voir fonctionner. Ainsi Pro Patria a pu donner treize mille francs à cet atelier et j’en suis très heureux. Mais je profite de vous rappeler que Pro Patria ne reçoit aucun subside des pouvoirs publics, que tout notre argent est récolté grâce à la solidarité confédérale. Cela veut dire que les gens nous achètent les insignes du ler août ou acquièrent les timbres Pro Patria qui sont taxés d’un supplément. Et c’est avec cet argent que Pro Patria a le moyen de participer à des actions ponctuelles comme celle-ci. Je suis très heureux aujourd’hui que nous ayons pu le faire dans ce cadre pour une profession qui a quasiment disparu, disons qui a été complètement transformée. Et je crois qu’il vaut la peine de garder le souvenir de ce qu’a été l’imprimerie. Et je trouve particulièrement intéressant de conserver les machines, mais surtout le savoir-faire pour leur fonctionnement.

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